Des moustiques actifs dès l'hiver : un signal très inhabituel
C'est le signe le plus frappant de ce début d'année. Des moustiques ont été signalés en activité dès janvier et février 2026 dans plusieurs régions, bien avant que les températures printanières ne s'installent. L'EID Méditerranée (Entente Interdépartementale de Démoustication) a détecté des larves sur près de 6 000 hectares en janvier-février 2026, contre 2 900 hectares sur la même période en 2025 — soit une surface larvaire doublée en un an dans les zones humides méditerranéennes. Des adultes ont déjà été observés dans les Bouches-du-Rhône, l'Aude et certaines zones de Provence et du Grand Est.
Les espèces actuellement actives sont principalement des moustiques de marais d'hiver (Aedes detritus) et quelques Culex : très gênants, mais pas les vecteurs principaux de maladies comme la dengue ou le chikungunya. Le moustique tigre (Aedes albopictus), lui, est attendu plus tard dans la saison — mais un hiver plus doux augmente statistiquement ses chances de survie entre les années et peut allonger sa fenêtre d'activité au printemps, surtout dans les zones déjà colonisées : Sud, vallée du Rhône, façade atlantique et grandes métropoles.
Frelons asiatiques : des reines qui survivent mieux à ces hivers doux
L'hiver est normalement la période où une grande partie des reines de frelons asiatiques meurent de froid. Un hiver doux perturbe ce mécanisme de régulation naturelle : davantage de reines hivernantes survivent jusqu'au printemps, ce qui se traduit mécaniquement par un nombre de nids fondés plus important au cours de la saison. Le faux printemps très précoce de 2026 favorise par ailleurs une sortie anticipée de ces reines, qui profitent des floraisons précoces pour démarrer leur cycle de reproduction plus tôt qu'à l'ordinaire.
Rongeurs et nuisibles de l'habitat : un regain printanier précoce
L'effet de l'hiver doux sur les rongeurs est plus complexe mais tout aussi réel. Un hiver sans vague de froid sévère limite la mortalité naturelle des populations de rats et de souris, qui profitent également des sols saturés en eau pour explorer de nouveaux territoires — notamment les sous-sols, caves et vides sanitaires des habitations situées en zone humide ou en périphérie de zones inondées. Les épisodes de crues observés cet hiver ont d'ailleurs poussé de nombreuses colonies hors de leurs refuges habituels vers les bâtiments.
Au-delà des rongeurs, les insectes nuisibles liés à l'habitat — punaises de lit, blattes, cafards — ne sont pas directement régulés par les températures hivernales extérieures, puisqu'ils évoluent en milieu intérieur chauffé. En revanche, l'allongement de la saison favorable aux déplacements et voyages, combiné à une activité touristique croissante dès le printemps, maintient un niveau de risque élevé pour les infestations de punaises de lit dans les hébergements.
Anticiper plutôt que subir : les bons réflexes dès maintenant
Face à un printemps qui s'annonce précoce et actif, la prévention prend un sens particulier cette année. Pour les moustiques, supprimer les eaux stagnantes autour du domicile — coupelles de pots de fleurs, gouttières bouchées, récipients mal couverts — reste le geste le plus efficace pour limiter les sites de ponte dès les premières semaines chaudes. Pour les frelons, inspecter régulièrement les zones de grenier, auvent, haie dense et abri de jardin à partir de mars permettra de repérer les premiers nids avant qu'ils n'atteignent une taille critique.




